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Il y avait de grands arbres à écailles, Lepidodendron (1), à très haut port; on connaît des troncs fossiles qui
atteignent 35 m de longueur et on estime la hauteur totale de l'arbre à plus de 40 m. Il y avait aussi un grand
arbre columnaire, Sigillaria (2), mesurant 30 m et plus, terminé par des bouquets de longues feuilles d'un mètre.
Puis Cordaites (3), un autre grand arbre de 30 m, élancé, avec un tronc de 60 cm de diamètre et de longues
feuilles. Calamites (4), plante arborescente ou semi-arborescente, croissant en bordure des plans d'eau, formant
un axe dressé de 15 à 20 m, une sorte de prêle géante. Finalement, un arbre-fougère (5) pouvant atteindre les 20
m de hauteur, avec un tronc de 60 cm de diamètre.
Cette grande forêt a certes contribué à une augmentation du niveau d'oxygène de l'atmosphère terrestre au
Carbonifère (voir oxygénation de l'atmosphère terrestre), mais elle a surtout contribué à accumuler d'énormes
quantités de charbon, de là le nom de cette période du Carbonifère. Par la suite, on n'a jamais connu
d'accumulations aussi importantes de charbon. Cela tient fort probablement au fait que les spécialistes de la
transformation des végétaux nouvellement arrivé sur terre, c'est-à-dire les bonnes bactéries, n'étaient pas encore
nés.
Mais revenons à nos vertébrés marins en mal de quitter la mer. On peut se demander: pourquoi ont-ils voulu
coloniser le milieu terrestre? On pourrait toujours avancer que la compétition devenait difficile en milieu marin,
mais on peut aussi supposer que le simple fait de vouloir profiter de ressources immenses inexploitées offrait un
attrait certain. Non seulement des ressources alimentaires, mais des ressources en oxygène, l'air étant
évidemment beaucoup plus riche que l'eau en cette ressource. Mais nous sommes là en terrain tout à fait
spéculatif.
Ces vertébrés marins qui veulent quitter l'eau pour la terre ont à résoudre un certain nombre de problèmes. Un de
ces problèmes, et non le moindre, c'est la pesanteur. Ceux qui ont fait de la plongée sous-marine en scaphandre
autonome (SCUBA) connaissent bien cette sensation de la quasi apesanteur, cette grande liberté de mouvement
que procure le support de l'eau. Chez les poissons, la colonne vertébrale est adaptée à la nage, principalement,
aux mouvement latéraux ondulatoires. Chez les amphibiens, cette colonne doit s'adapter pour soutenir le poids
des viscères, une force dirigée vers le bas. De nouveaux muscles doivent donc se développer pour répondre aux
nouvelles conditions.
La locomotion constitue un second problème de taille pour les nouveaux habitants de la terre ferme. Les
nageoires du poisson sont conçues pour un mouvement bien particulier, la natation, un mouvement bien différent
de la marche. À ce titre, un poisson du nom d'Eusthenopteron, un des joyaux de la faune à poisson du site de
Miguasha en Gaspésie (on l'a baptisé le prince de Miguasha), est vu comme un des chaînons évolutifs très
important entre poissons et tétrapodes primitifs (animaux à quatre pattes). Ses nageoires montrent un
Evolution-adaptabilité-Diversité (M. Bombart)
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