Page 15 - Evolution
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ouvrir des passages, des canaux, pour y créer des organes. La vie se développe de l'inférieur vers
le supérieur de façon progressive et régulière, en suivant son penchant naturel. Cette
régularité est troublée par les circonstances extérieures qui expliquent la diversité parfois
mal ordonnée du vivant.
Porté par l'élan de son "transformisme généralisé", Lamarck formula deux lois qui rendent compte
de sa vision du processus évolutif :
1. "Dans tout animal qui n'a point dépassé le terme de ses développements, l'emploi plus fréquent
et soutenu d'un organe quelconque fortifie peu à peu cet organe, le développe, l'agrandit et lui
donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi, tandis que le défaut constant d'usage
de tel organe l'affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés et finit
par le faire disparaître." (ex la girafe possède un long cou pour pouvoir brouter les feuilles
2. "Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l'influence constante des
circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée, et par conséquent par l'influence
de l'emploi prédominant de tel organe, ou par celle d'un défaut d'usage constant de telle partie,
elle le conserve pour la génération de nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les
changements acquis soient communs aux deux sexes, ou à ceux qui ont produit ces nouveaux
individus."
En amalgamant ces deux hypothèses, le langage courant simplifie
en affirmant que "la fonction crée l'organe". La seconde loi de
Lamarck postule sa fameuse thèse de l'hérédité qui aura, bien plus
tard, une résonance exceptionnelle dans l'histoire des sciences.
Dans son ouvrage, il étayait ses deux lois par de nombreux
exemples qui le conduisirent à les considérer comme des vérités et
non plus comme de simples hypothèses. Il convient de noter que
ses arguments pourraient, encore aujourd'hui, emporter la
conviction du profane. Ainsi, l'exemple célèbre de la taupe
pratiquement aveugle qui "par ses habitudes fait très peu usage de
la vue", ou encore le cas de la girafe vivant "dans les lieux où la
terre, presque toujours aride et sans herbage, l'oblige de brouter
le feuillage des arbres", a résulté en un cou allongé qui porte sa
tête à six mètres de hauteur.
La philosophie de Lamarck suppose l'apparition de la vie par génération spontanée sous la forme
d'êtres inférieurs qui auraient jailli dans un passé très éloigné. Mais, malgré son caractère
implicitement déterministe et la nécessité d'un auteur suprême, il ne faut cependant pas oublier
l'avertissement de Lamarck: "c'est donc une véritable erreur que d'attribuer à la nature un but,
une intention quelconque dans ses opérations".
4.2.2) Darwin et sa théorie de l’évolution
Charles Darwin (1809-1882) doit être considéré comme le véritable fondateur de la théorie
moderne de l'évolution.
Le paradigme darwiniste, fondé sur la sélection naturelle, a fini par s'imposer dans le monde
scientifique et jusque dans l'opinion publique.
Evolution-adaptabilité-Diversité (M. Bombart)
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