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ouvrir des passages, des canaux, pour y créer des organes. La vie se développe de l'inférieur vers
le supérieur de façon progressive et régulière, en suivant son penchant naturel. Cette
régularité est troublée par les circonstances extérieures qui expliquent la diversité parfois
mal ordonnée du vivant.

Porté par l'élan de son "transformisme généralisé", Lamarck formula deux lois qui rendent compte
de sa vision du processus évolutif :

1. "Dans tout animal qui n'a point dépassé le terme de ses développements, l'emploi plus fréquent
et soutenu d'un organe quelconque fortifie peu à peu cet organe, le développe, l'agrandit et lui
donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi, tandis que le défaut constant d'usage
de tel organe l'affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés et finit
par le faire disparaître." (ex la girafe possède un long cou pour pouvoir brouter les feuilles

2. "Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l'influence constante des
circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée, et par conséquent par l'influence
de l'emploi prédominant de tel organe, ou par celle d'un défaut d'usage constant de telle partie,
elle le conserve pour la génération de nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les
changements acquis soient communs aux deux sexes, ou à ceux qui ont produit ces nouveaux

                                       individus."

                               En amalgamant ces deux hypothèses, le langage courant simplifie
                               en affirmant que "la fonction crée l'organe". La seconde loi de
                               Lamarck postule sa fameuse thèse de l'hérédité qui aura, bien plus
                               tard, une résonance exceptionnelle dans l'histoire des sciences.
                               Dans son ouvrage, il étayait ses deux lois par de nombreux
                               exemples qui le conduisirent à les considérer comme des vérités et
                               non plus comme de simples hypothèses. Il convient de noter que
                               ses arguments pourraient, encore aujourd'hui, emporter la
                               conviction du profane. Ainsi, l'exemple célèbre de la taupe
                               pratiquement aveugle qui "par ses habitudes fait très peu usage de
                               la vue", ou encore le cas de la girafe vivant "dans les lieux où la
                               terre, presque toujours aride et sans herbage, l'oblige de brouter
                               le feuillage des arbres", a résulté en un cou allongé qui porte sa

tête à six mètres de hauteur.

La philosophie de Lamarck suppose l'apparition de la vie par génération spontanée sous la forme
d'êtres inférieurs qui auraient jailli dans un passé très éloigné. Mais, malgré son caractère
implicitement déterministe et la nécessité d'un auteur suprême, il ne faut cependant pas oublier
l'avertissement de Lamarck: "c'est donc une véritable erreur que d'attribuer à la nature un but,
une intention quelconque dans ses opérations".

4.2.2) Darwin et sa théorie de l’évolution

Charles Darwin (1809-1882) doit être considéré comme le véritable fondateur de la théorie
moderne de l'évolution.

Le paradigme darwiniste, fondé sur la sélection naturelle, a fini par s'imposer dans le monde
scientifique et jusque dans l'opinion publique.

Evolution-adaptabilité-Diversité (M. Bombart)

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